vendredi 14 octobre 2011

Obésité et infertilité : un traitement interdit ?

L’infertilité se définit par une absence de conception après une période d'essai supérieure à 1 an. En ce moment, 80 % des couples hétérosexuels arriveront à concevoir dans une période de 12 mois si les relations sexuelles sont régulières (2-3 X/sem) et sans moyens de contraception. Selon Statistiques Canada 8,5 % des couples canadiens en âge de procréer ont un problème de fertilité (REF). Ce problème toucherait légèrement plus les femmes que les hommes et les causes varient selon le sexe.  Par exemple, l’âge, la génétique et le surplus de poids contribuent à l’infertilité comme la prévalence du syndrome polykystique chez la femme (REF) ou la dysfonction érectile chez l’homme (REF). En effet, plusieurs études ont démontré un lien incontestable entre le surplus de poids et l’infertilité. Selon certains, un IMC entre 25 et 27 kg/m2 augmente le risque de 1,2 fois d’avoir un problème d’infertilité alors qu’un IMC supérieur à 27 kg/m2 multiplie le risque par 3 (REF).

En ce moment, certains médecins refusent de traiter des femmes infertiles qui présentent un IMC au-dessus de 35 kg/m2 (Ex. Ontario). L’argument principal étant que le risque de complications au cours de la grossesse est plus élevé chez une femme obèse comparativement à une femme de poids sain. Cet argument est critiqué puisque d'autres facteurs (l'âge, la génétique, la tension artérielle élevée, le diabète, les troubles de la thyroïde, etc.) sont également associés aux complications lors de la grossesse, et on ne limite pas l'accès aux traitements d'infertilité à cause de ces critères. De plus, certains médecins  refusent de traiter l’infertilité par in vitro chez les femmes obèses sous prétexte qu’elles ont un taux de succès inférieur aux femmes de poids sains (50% moins de succès). Ce fait est véridique, mais devons-nous refuser l’accès ou plutôt accepter les risques ?

Dans un autre ordre d’idées, il se peut que les médecins refusent l’accès aux traitements contre l’infertilité, car ils croient que les femmes obèses devraient perdre du poids avant d’entamer un traitement contre l’infertilité pour favoriser la conception de façon naturelle. Cet argument est logique puisqu’une modeste perte de poids d’environ 5 % permet une amélioration des paramètres de  fertilité comme le retour d’un cycle régulier chez une grande partie d’entre elles (REF). Ces faits poussent les autorités et le public en général à soupçonner une forme de discrimination! 

L’infertilité est considérée comme une maladie selon l’Organisation mondiale de la santé. Dès lors, tout individu souffrant d’une maladie quelconque devrait recevoir le traitement approprié! Le sujet est d’autant plus délicat au Québec depuis que l’état rembourse une partie des frais associés aux traitements d’infertilité.  Certaines personnes se plaignent que l’état ne devrait pas avoir à payer pour le traitement des individus obèses considérant qu’ils sont en partie responsables de leur problème. Le sujet a été soulevé par les médias le mois passé (REF). Dans ce cas, pourquoi traitons-nous les fumeurs, les cardiaques, les gens physiquement inactifs, etc.  
Bonne réflexion!


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